PFS, DRP ou OC ?

Dernière mise à jour : 30 déc. 2021

Il n’est pas rare de constater que poney de dressage est forcément associé à DRP. Certes, on ne peut pas renier l’apport incroyable du sang DRP pour cette discipline. Mais force est de constater qu’à qualité identique entre deux poneys, un certain nombre de cavaliers et d’éleveurs allouent plus de valeur à celui qui possède un carnet DRP. Est-ce vraiment justifié ?


Décryptage :


Quel papier pour quel objectif ?


On ne fait pas reproduire sa jument dans le même but. Certains, et bien souvent les amateurs, souhaitent juste faire naître un poulain de leur jument de cœur, afin d’en faire perdurer un petit bout. Le poulain est question n’a pas été conçu pour être vendu, puisqu’il s’agit avant tout d’un acte dicté par le cœur et cette envie de voir un peu de sa jument favorite dans ce petit bout de poulain.


Pour certains éleveurs, il s’agit de faire perdurer une lignée maternelle, dont il est hors de question de ses séparer. Quand pour d’autres, il s’agira bien au contraire de faire naître un poulain « à vendre ».


En fonction des objectifs, il est naturel de se poser la question du stud-book dans lequel on inscrira ledit poulain.



Pourquoi le papier « DRP » a-t-il plus de valeur ?


Le poney DRP a acquis ses lettres de noblesse indéniablement au travers de la discipline du dressage. C’est d’ailleurs ce que viennent chercher la plupart des éleveurs lorsqu’ils choisissent un étalon ou une jument DRP : les allures et l’équilibre.


La plupart des poneys performers au niveau international sont des DRP, ou tout du moins des poneys issus d’un parent DRP. Comment se passer dès lors de cette merveilleuse génétique quand on cherche à améliorer la locomotion ?


De là à imaginer que ce qui fait la qualité des allures vient exclusivement du papier qui est posé sur ledit poney, il y a une marge … !


La réalité de la valeur du papier DRP tient au fait qu’on l’assimile à une marque, à l’image de Coca Cola versus Pepsi ou Breizh Cola. Le contenu est sensiblement identique, seule l’étiquette sur l’emballage diffère…


Que cherchent les acheteurs de poneys de dressage ?


Quand on élève des poneys, notre passion fait qu’on s’intéresse forcément aux origines des ses poneys et des étalons que l’on choisit, des performances de collatéraux, ascendants et descendants. C’est un minimum si l’on veut choisir ses croisements de façon éclairée et judicieuse. Et cela nécessite bien souvent des recherches longues et précises, issues de recoupements et provenant d’un nombre de sources incalculables….


Ce travail, vous le faites en tant qu’éleveur, parce que cela fait partie de votre job d’éleveur, et parce vous aimez vous pencher sur la génétique de vos poneys. C’est presque normal d’ailleurs.


La plupart des acheteurs, pour ne pas dire tous les acheteurs, ont cependant une connaissance bien moins approfondie des origines. La raison est assez logique : ils ne viennent pas chercher des origines mais un potentiel et une praticité.

Dès lors leur regard se portera beaucoup plus sur le modèle, les allures et le caractère des poneys, avant d’avoir un œil sur les origines. Et même si ces origines leur sont inconnues, s’ils estiment que le poney leur convient, elles ne l’empêcheront absolument par de jeter leur dévolu sur ce poulain aux origines mal connues.


Quand aux différents stud-books et à leur fonctionnement, il faut bien se dire que la plupart de acheteurs n’ont que peu de connaissances sur le sujet, tout simplement parce que ce n’est pas un membre d’un stud-book qu’ils viennent acheter, mais un poney qui correspondra à leurs objectifs sportifs ou amateurs.


Alors, quel stud-book préférer ?


Nous voici donc arrivés au cœur du sujet : PFS, DRP ou OC ? Il y a autant de réponses que d'objectifs...


Chez les cavaliers :


  • Je suis un amateur et je veux monter pour le loisir, tout en participant à quelques concours

Je veux un poney pratique et joli, avec des allures pour se faire plaisir, et avec lequel je peux prétendre aller en concours sans être trop ridicule

  • Je suis une maman et/ou un papa et je cherche la future monture de mon enfant

Je veux un poney pratique et joli, capable d’évoluer avec le niveau de mon enfant, et susceptible de pouvoir aller en concours si mon enfant le souhaite

  • Je cherche un poney de sport, avec un potentiel pour le haut niveau

Je veux un poney pratique et joli, avec de vraies allures et une conformation au top pour prétendre concourir au meilleur niveau possible


Que le poney soit inscrit PFS, DRP ou OC, il pourra évoluer à la maison toute sa vie ou participer à des concours internationaux, ou encore être valorisé sur le circuit Jeunes Poneys ou As.

Chez les éleveurs :


  • Cas des poulains mâles :

  • Mâle inscrit au PFS : il pourra être présenté à l’étalonnage dès 2 ans, en France et participer à tous les concours Modèles & Allures

  • Mâle inscrit au DRP : pour être étalonné, il devra être présenté en Allemagne, après avoir été préparé (très fortement conseillé) par un spécialiste. Attention la concurrence est rude et le budget à prévoir est important !

  • Mâle né en OC : peut être passé PFS à titre initial sur dossier, puis être présenté à l’étalonnage du stud-book PFS à 2 ans, en France.


  • Cas des poulains femelles :

  • Femelle inscrite au PFS : peut être présentée en Modèles & allures, toucher des primes, cumuler les points Pace et faire naître des poulains PFS

  • Femelle inscrite au DRP : aucun concours de valorisation modèle & allures en France, il faut se rendre en Allemagne pour tenter d’obtenir une prime

  • Femelle inscrite en OC : peut être inscrite au PFS sur dossier, et obtenir les mêmes droits qu’une femelle inscrite au PFS dès la naissance



En conclusion


L’idée de croire qu’un papier DRP « vaut » plus qu’un papier PFS ou OC tient plus de l’idée de marque que d’une réalité. La majorité des acheteurs ont pour objectif de profiter d’un poney bien construit et doté d’un vrai potentiel pour le dressage, en étant libre de pouvoir participer à tous les concours qu’ils souhaitent, du Club au CDIP.


Que vous fassiez naître votre poulain en PFS, en DRP ou en OC, aucun de ces trois papiers n’empêchent l’accès à tous les concours possibles sous la selle.

La différence tient au fait qu’un poulain DRP ne pourra en aucun cas être géré en France : étalonnage comme primes juments sont gérés en Allemagne. Alors, certes, vous vous ferez plaisir en contemplant votre « pferdepassport », mais il ne vous apportera rien de plus qu’un carnet OC en France….


La vraie question à se poser n’est pas tant de savoir où inscrire son poulain, mais de savoir ce que vous souhaitez produire ! Si vos poulains ont un vrai potentiel, sont bien construits, bien dans leur tête et sont jolis, c’est bien plus cela que viendront chercher les acheteurs, qu’une étiquette sur un fromage 😉



Les coûts :


  • Faire naître en PFS : Moins de 50 €

  • Faire naître en DRP : Adhésion au stud-book (Rhein, Old, Han, …) : 300 € + Enregistrement du poulain : environ 50 € +Obtention du numéro Sire en France : 63 € + Si mâle : étalonnage en Allemagne, environ 5000 € de budget + Si femelle destinée à la reproduction : environ 70 € par an d’enregistrement à un stud-book allemand

  • Faire naitre en OC : Déclaration de naissance en France : 28 € + Inscription à titre initial PFS : budget de 85 €, si adhérent PFS depuis plus de 3 ans, à 215 € pour les autres



En résumé :


  • un poney PFS, DRP ou OC pourra participer à tous les concours sous la selle possibles, de la Club 3 au CDIP. Les poneys PFS peuvent se présenter en Modèles & allures PFS, être étalonné en France et toucher des primes

  • Les poneys OC peuvent devenir PFS à titre initial et obtenir les mêmes droits qu’un poney natif PFS.

  • Les poneys DRP ne peuvent pas être étalonnés en France, ne peuvent pas participer à des concours de race en France et ne touchent aucune primes.


Et vous ? Vous êtes plutôt focalisé sur la qualité du poney ou sur l’étiquette posée dessus ?

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