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Les ulcères gastriques : le rôle de l'alimentation

De plus en plus connus et documentés, les ulcères gastriques touchent un bon nombre de nos compagnons équins. Très présents chez les chevaux athlètes (sport de haut niveau – courses), leur présence a également été révélée chez les chevaux et poneys de loisir, ainsi que chez les poulains. L’ulcère gastrique doit être rapidement pris en charge pour freiner et stopper son évolution. En plus de l’inconfort primaire qu’il procure au cheval, il pourra entraîner : contre-performances – coliques – irritabilité – locomotion perturbée etc…


Heureusement plusieurs traitements vétérinaires existent. Cependant, il apparaît plus que judicieux de prévenir plutôt que de guérir ; et d’adapter l’alimentation journalière du cheval ou du poney ayant reçu un traitement médicamenteux afin d’éviter le risque de réapparition de l’ulcère gastrique.


Les conditions de vie actuelles des chevaux sont assez éloignées de leurs conditions de vie ancestrales. En effet, cet animal a été domestiqué dans 1 er temps pour permettre aux hommes de se déplacer et pour les travaux agricoles. Puis cette domestication a évolué pour être celle que l’on connaît aujourd’hui : tournée vers les loisirs et les sports de haut niveau.


Cette évolution a entraîné des perturbations d’ordre physiologique. Parmi elles, on trouve les ulcères gastriques. La sélection génétique, le stress des compétitions et des transports répétés, l’intensification de l’entraînement, l’ennui au box, la distribution d’aliments sur 2 ou 3 repas et l’accès restreint à de la fibre, sont autant de facteurs entrant en cause dans l’apparition de désordres digestifs.


Afin de limiter au maximum le risque d’apparition ou de réapparition d’ulcères gastriques, il sera important de mettre en place un régime alimentaire adapté. Par ailleurs, une étude récente vient confirmer ce que bons nombres d’experts en alimentation équine pensaient : sur le long terme, la gestion alimentaire post oméprazole est indispensable pour soigner l’ulcère 1 .


Mais qu’est-ce qu’un régime alimentaire adapté dans notre cas ?

En plus d’une distribution ou d’un accès à du fourrage de qualité en quantité suffisante, le cheval devra recevoir une alimentation adaptée et dans la mesure du possible fractionnée en minimum 3 repas par jour. Mais on peut envisager, quand cela est possible bien évidemment, une distribution en 4 ou 5 repas/jour.


Cet aliment concentré devra répondre à 3 critères minimaux :

  • Un taux d’amidon raisonné (de façon à ne pas dépasser 1.5g/kg de PV/jour)

  • Une teneur élevée en fibres

  • Une teneur non négligeable en matières grasses (afin d’apporter de l’énergie sécurisée)

Aux aliments concentrés respectant ces trois critères principaux, des additifs pourront être ajoutés afin de maximiser le rôle préventif :

  • Argiles : attention, toutes les argiles ne se valent pas dans la prévention des ulcères ou leur gestion post traitement. Il conviendra de regarder l’étiquette de l’aliment pour voir si ce dernier intègre de la Bentonite. C’est ce type d’argile qui possède des propriétés de « pansement » gastrique et intestinal.

  • Prébiotiques : aussi appelés FOS (Fructo Oligo Saccharides). Ils sont, pour faire simple, le substrat des bactéries bénéfiques au sein de l’appareil digestif. En les apportant, les bactéries bénéfiques auront de quoi se nourrir, et donc proliférer.

  • Probiotiques : Ce sont des organismes vivants. On ensemence donc le tube digestif avec des bactéries bénéfiques. C’est le cas notamment avec Saccharomyces cerevisiae, pour laquelle il y une autorisation de mise sur le marché chez le cheval (AMM). Son rôle va être de capter les gaz au niveau du colon, de maintenir un pH proche de la neutralité et de favoriser l’assimilation des nutriments.

  • Anti-acides : ces substances « tamponnent » l’estomac. C’est-à-dire qu’elles permettent de remonter le pH gastrique. On y inclue notamment le magnésium, le bicarbonate de sodium, le carbonate de calcium etc…

  • Omégas 3 et 6 : la métabolisation au sein de l’organisme aboutit à la synthèse de prostaglandines et diminution du processus inflammatoire

  • Fibres en petits brins : l’incorporation de fibres en brins dans l’aliment permettra de jouer sur la mastication du cheval et donc sa salivation. La salive du cheval, composée en majorité de bicarbonate de sodium, permet d’abaisser l’acidité de l’estomac. Plus le cheval salivera, plus il produira naturellement une substance tampon (salive).

On attachera aussi une grande importance au traitement thermique subi par l’aliment complet utilisé. En effet, les traitements thermiques des matières premières jouent un rôle très important sur la santé de l’estomac et de l’intestin. Par exemple, les process d’extrusion et de floconnage permettent une meilleure digestibilité de l’amidon. Ce dernier sera plus disponible à être métabolisé par les enzymes et les bactéries responsables de sa dégradation. La majorité de l’amidon pourra être digérée dans l’estomac et l’intestin, avec donc moins de résidus dans le caecum. Ce qui aura pour effet de limiter les fermentations.


La présentation de l’aliment est aussi une composante à prendre en compte. En effet, il est naturellement possible d’intégrer plus de composés actifs (jouant sur le pH de l’estomac) dans un granulé que dans un floconné.


En résumé, le choix de l’aliment qui viendra en complément du fourrage devra faire l’objet d’une attention toute particulière. Différents paramètres seront à analyser afin de faire votre choix. N’hésitez pas à vous faire aider par des professionnels de la nutrition pour choisir l’aliment qui correspondra la mieux à votre ou vos chevaux et poneys en prévention des ulcères gastriques ou en

prévention des récidives.


Cet article est proposé par notre partenaire Havens France.




Source : Luthersson N, Bolger C, Fores P, Barfoot C, Nelson S and Harris P (2017) Effect of Changing Diet On

Gastric Ulceration In Exercising Horses And Ponies Following Cessation Of Omeprazole Treatment.

Equine Veterinary Education 29 19–19.

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